Ces expressions qui nous plombent le moral

« Vivement la retraite », « c’était mieux avant », « ça ne marchera jamais »… Dans son livre Ne me dites plus jamais bon courage ! , Philippe Bloch présente douze expressions françaises du quotidien qui nous minent le moral sans même que nous nous en rendions compte. L’objectif est de les identifier pour arriver à s’en débarrasser et à changer d’état d’esprit. A l’occasion du Printemps de l’optimisme, en voici trois que nous aurions tout intérêt à oublier.

Nous avons demandé à l’auteur, qui précise que ses analyses sont « plus pragmatiques qu’intellectuelles », de les décrypter. A la rédaction, nous avons remarqué que ces expressions étaient bien loin de nous être inconnues. Et vous, les utilisez-vous ?

« Bon courage »

Philippe Bloch : « Cette expression est naturellement négative et elle peut montrer, sans que la personne en ait conscience, un manque de plaisir, voire un manque de projet ou pire, de la résignation. Dans ce cas, il faut quand même s‘interroger et tenter de retrouver une forme d’épanouissement. »

La solution: « À chaque fois qu’on l’entend, répondre « ça va merci, souhaite moi plutôt une bonne journée ». »

Elyane : « Je le dis très souvent. En particulier le matin, à mon conjoint quand il part travailler, à ma fille quand je la dépose à l’école, à la boulangère, à mes collègues et même aux contrôleurs dans les transports. C’est pour marquer ma compréhension et mon empathie. Mais je me rends compte que ça ne véhicule pas un message très positif et que c’est surtout parce que je projette mes propres craintes quant à ma journée. On me l’a fait remarquer et maintenant je fais attention. »

« Petit/Petite »

P.B. : « En mettant le mot « petit » partout, on commence à réfléchir petit. Ça nous fait oublier que c’est en pensant grand qu’on réussit. Cette expression peut refléter un manque d’ambition et d’énergie, qui est parfois à l’image du pessimisme français. Cela donne l’impression que l’on se cantonne à ce qu’on a, alors qu’on pourrait voir les choses avec plus d’enthousiasme. »

La solution : « L’abandonner et ne pas avoir honte d’avoir de l’ambition. Il n’y a pas de petit projet. »

Pauline : « J’utilise le mot « petit » à toutes les sauces. Quand je m’adresse à quelqu’un que j’affectionne : mon petit papa, ma petite puce… Pour moi, c’est un signe de tendresse, mais souvent, ça irrite. Je l’utilise aussi pour minimiser : en général, quand je demande à quelqu’un si je peux lui poser une “petite question”, c’est que je vais lui faire subir un interrogatoire en bonne et due forme. En un sens, je pense que l’utilisation – à outrance – de ce mot traduit un certain manque de confiance en moi, comme si j’avais tout le temps peur de ne pas être aimée ou de déranger. »

« Le problème c’est que »

P.B. : « Ce n’est pas une expression uniquement française mais on l’utilise beaucoup. On l’observe dans les entreprises, dans les media, dans le débat public. En l’entendant en permanence, on finit par voir la vie en noir parce que tout nous convainc que les choses vont mal. Cela vient s’ajouter aux problèmes bien réels que l’on peut rencontrer. »

La solution : « Arrêter de penser que tout peut être un obstacle »

Elise : « J’utilise souvent cette expression. Par exemple, pour rebondir sur un sujet, il m’arrive de l’employer en disant « le problème, c’est que je ne sais pas si j’aurais le temps de faire telle ou telle chose ». Pour moi, cela permet juste de montrer à mon interlocuteur que j’émets un doute. Même s’il est vrai que la tournure de cette expression est assez négative et peut montrer un certain degré d’indécision, qui correspond d’ailleurs tout à fait à mon caractère. »

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