L’appel du moment présent

passe present futurTrop d’êtres humains vivent dans la dépendance de leur passé ou de leur futur. Piégés dans un état de fébrilité mentale et de tension émotionnelle, ils ne cessent de ressasser les événements traumatiques du passé et les échecs dans leurs relations humaines ou de s’inquiéter de leur avenir dont ils redoutent la part d’inconnu, perçue comme épeurante ou incontrôlable. Qu’ils centrent leur attention sur le passé ou sur le futur, ils cultivent des émotions fondées sur le ressentiment ou la peur en venant à vivre constamment dans un état de tension physique et à graviter en marge de la réalité.

Il apert que, dans la réalité multidimensionnelle, l’idée du temps n’est qu’une convention sociale, car un être ne peut jouir que du moment présent, une parcelle d’éternité. Il traduit une centration de la conscience dans la continuité de la contemplation de sa propre réalité. Autrement dit, le temps n’existe pas. Ce qu’il est convenu d’appeler le passé ou le futur n’existent qu’en dehors de la réalité comme construction de l’esprit. Les faits du passé ou de l’avenir surgissent de sensations, d’images ou d’associations d’idées, classés dans la mémoire, tout au fond du cerveau, mais ils n’ont aucune réalité immédiate. L’être n’existe qu’un moment à la fois. Tout le reste ne constitue qu’une succession d’impressions et de souvenirs d’autres moments présents, vécus un à la fois. Ceux-ci semblent devenir réels au moment où un être se les remémore, mais, en fait, ils ne font que se superposer aux faits du moment présent, plus réels et, au moins, modifiables, pour leur part. Le passé n’est rien d’autre que la succession d’impressions ou d’expériences d’autres moments présents, vécus un à la fois, finalement rangés dans la mémoire. En fait, ce qui importe, c’est ce qui se présente à un être dans le moment présent. Rien d’autre n’a de valeur puisque rien d’autre n’offre de réalité. Il n’y a que dans le moment présent que la prise de conscience peut coïncider avec le vécu réel.

En y pensant bien, un être ne peut qu’admettre qu’hier n’est plus et qu’il n’a laissé que l’expérience acquise tandis que demain ne représente qu’une réalité probable et impondérable et que, ne pouvant le prévoir, nul ne sait ce qu’il pourra y faire. Ce n’est pas son passé, pas plus que son avenir, qui est réel, seul ce qui se présente dans le présent présente de la réalité. Nul ne peut revenir en arrière, pas plus qu’il ne peut se projeter en avant, chacun ne peut qu’exister et agir dans le moment présent. Le futur, qui commence avec le moment d’après, traverse continuellement sa conscience pour basculer en un instant dans le passé. Celui-ci recouvre les impulsions de l’énergie dont il n’a pas encore pris conscience parce qu’elles ne sont pas entrées en contact avec sa conscience. De ce fait, bien qu’il passe en un éclair, l’appel du moment présent exige une attention absolue. Penser à ce qui est derrière ou devant soi représente un vain gaspillage d’énergie, une denrée précieuse de sa réalité, un facteur prépondérant de sa destinée, surtout dans les présentes circonstances. Un être n’investit son énergie à bon escient qu’en s’immergeant pleinement dans l’expérience qui se présente à lui dans l’immédiat. Et, mieux il le comprend, plus il obtient d’emprise sur son destin.

Comme le passé ne peut pas être modifié simplement en se le remémorant et que le futur ne se déroule jamais exactement comme il peut le prévoir ou le désirer, l’intervention de l’être incarné ne prend toute son efficacité que dans le moment présent. Nul ne peut remonter dans le passé ni se projeter dans le futur pour les changer. Mais, dans l’immédiat, il peut tirer la leçon de ses actes passés pour éclairer son agir dans le présent ce qui, du coup, transformera son avenir. En outre, il peut prendre du retrait pour en changer sa compréhension, ce qui lui donnera une toute autre coloration. Il finira par comprendre que, puisque rien n’arrive par hasard, s’il en fait bon usage, tout vécu, agréable ou désagréable, peut l’aider à ouvrir sa conscience et à grandir en vérité, en sagesse et en amour. De toute manière, toute expérience ne s’est jamais présentée à lui que pour lui montrer où il en était rendu dans la compréhension de sa réalité propre. Surtout, c’est lui-même qui l’a attirée, dans la synchronicité des événements, par ses choix conscients et inconscients. Ainsi, ce qu’il n’aime pas de son expérience, c’est dans le présent qu’il peut le changer, comme ce qu’il apprécie d’elle, c’est dans le présent qu’il peut l’amplifier.

En lui-même, le présent, lié au Moment éternel, représente la somme totale de ce qui est. Le passé est disparu et s’efface, comme les pas d’un individu sur une plage. L’avenir ne peut s’ouvrir, prometteur, devant un être, que s’il reste à l’écoute du présent et s’il s’y investit de façon créative, constructive, ingénieuse, inventive. En cela, il importe qu’il se renouvelle sans cesse pour garder sa jeunesse et s’éviter de péricliter, de stagner, de régresser. La répétition, comme elle se présente dans l’habitude ou la routine, peut aménager une zone de confort, mais elle induit dans la monotonie, source de l’ennui. Le statu quo amène peu à peu à s’étioler, car il produit la rigidité. Comme tout passe et tout change, dans les dimensions inférieures, chacun doit sans cesse couler avec le temps et s’adapter sans cesse, au mieux, à des circonstances nouvelles.

À vrai dire, même le maintenant de l’existence n’a pas de réalité absolue. Pour l’être incarné, le passé et l’avenir immédiats comme un prolongement du présent, en raison de leur proximité. Mais sa vie n’appartient ni à l’un ni à l’autre. La conscience de la réalité n’apparaît jamais que comme un point de jonction ou un trait d’union entre le passé et l’avenir. Par la mémoire, un être peut percevoir les résultats de ses pensées, de ses paroles, de ses sentiments et de ses actes et remonter à leur cause. Et, par la puissance de l’imagination, il peut, jusqu’à un certain point, ressentir quels seront les résultats que les effets et les causes, initiés dans le passé ou sur le point d’être établis, produiront dans l’avenir. Nul ne peut prolonger l’instant qui passe. Mais, selon la satisfaction qu’il procure, en fonction de sa connaissance et des facultés qu’il a acquises par l’expérience, il demeurera vivant dans sa mémoire, comme un simple aspect accompli et cristallisé de son imagination. Ainsi, développées, la mémoire et l’imagination peuvent s’étendre à la compréhension de l’éternité des principes de la vie.

Dans la vie, un être ne peut devenir créatif que dans le présent, ce pour quoi ce dernier sollicite, au premier chef, son attention. L’être incarné doit éviter de sacrifier aux chimériques divagations du mental qui aime se lancer dans la rêverie ou dans les vaines spéculations. La vie exige de chacun une disponibilité immédiate à la spontanéité de l’instant. Quelqu’un a dit avec à propos : «Aujourd’hui, vous êtes là où vos idées vous ont mené. Demain, vous serez la où vos idées vous auront mené.» Ainsi, chacun peut profiter du présent pour se libérer intérieurement en écartant ses limites qui ne sont jamais qu’apparentes. Du reste, en faisant confiance à l’instant présent, il s’ouvre à la direction de sa Conscience supérieur en toute circonstance. Chacun gagne à agir comme si son plus grand bien et sa meilleure occasion résidaient dans le fait de tirer pleinement parti de chaque événement dans lequel il est impliqué dans l’immédiat, car c’est ainsi que se forme la conscience.

Le présent contient les germes du futur. Pour créer son futur à son gré, un être gagne à vivre dans le présent, à manifester ses vœux dans l’immédiateté, soit ici et maintenant, et à chercher en lui-même le secret qui ouvre les portes d’autres réalités et d‘autres visions. Le présent porte aussi les racines du passé. En creusant pour les suivre, un être peut remonter jusqu’aux origines de la Création où il peut trouver l’Amour, comme Cause première, ce qui est de nature à le tirer de la peur et à amplifier sa confiance en lui et dans l’Univers.

N’empêche que ce n’est que dans le temps présent qu’il peut ouvrir la porte de ses pouvoirs. Chaque instant contient en lui-même ses buts élevés et ses réponses. Ainsi, celui qui compte s’ouvrir à des niveaux d’énergie supérieurs ne peut y parvenir qu’en accordant plus d’importance à son présent, qu’en augmentant les phases où il vit au présent. D’ailleurs, un être augmente naturellement son énergie lorsqu’il accomplit tout de suite ce qui sollicite son attention ou ce qu’il ressent bien. En outre, ce qu’un être remet au lendemain, il l’accomplit rarement, il se rend compte qu’il s’est produit un décalage qui déphase ou il ne trouve plus la bonne énergie pour lui donner suite convenablement. Voilà pourquoi, s’il doit s’établir un agenda, il gagne à le garder souple pour rester en mesure d’en changer le programme au gré de son ressenti de manière à rester en phase avec l’immédiateté.

En acceptant l’idée d’un Présent éternel et en prenant l’habitude de se concentrer sur ce qui se passe ici et maintenant, un être peut changer sa vie pour toujours, car il devient en mesure de lui assigner une autre direction, de préférence celle qu’il envisage pour lui-même parce qu’elle lui paraît la plus satisfaisante, qu’elle lui apparaît comme le présage d’une plus grande plénitude, d’un plus grand bonheur, d’une plus grande perfection. Chacun se fera du temps un allié, s’il apprend à vivre dans le moment présent, sachant que tout ce dont il a besoin pour le vivre correctement se trouve à sa portée. Tout commence par la pratique de ressentir ce dont il a besoin pour faire ou éviter de faire ce qu’il se dispose à faire.

Dans la vie, le fait de mettre en œuvre ce qui semble la meilleure chose à faire, pour soi-même, plutôt que ce qu’on croit devoir faire ou ce qu’on dit qu’on devrait faire, engendre la paix en soi et un état de sérénité tout autour de soi. Ainsi, à chaque instant, il importe de se demander ce qui peut engendrer le plus de bien-être et le mieux servir son évolution. Vaudrait-il mieux se reposer ou aller dormir, créer, produire des biens, manger, rester calme, se contenter d’aimer ce qu’on regarde ou touche, faire de l’exercice, se faire de l’espace, nettoyer son environnement, éliminer des énergies négatives, communiquer avec quelqu’un sur la Terre ou dans les étoiles? Même si les gens s’affairent et s’agitent, en plus d’accumuler du stress, ils accompliront toujours moins que celui qui vit ce qui est à vivre dans le moment présent.

Un être ne peut comprendre cette affirmation que s’il accepte que le passé, le présent et le futur représentent des phénomènes illusoires conçus par l’esprit conscient. Dans la réalité, le mouvement de la vie est fait de nano-instants formés de vides et de pleins successifs à l’intérieur desquels chacun peut choisir de poursuivre sa quête d’expériences heureuses, son envie de faire perdurer des drames cruels ou exprimer son choix de tout interrompre. Dans l’Univers éternel, la continuité apparente de l’espace-temps n’existe pas. Il n’y existe pas de cadre ou de point de référence où le temps peut trouver un fondement puisque, dans le Cosmos, tout se passe dans l’immédiateté. De ce fait, le pouvoir, le bonheur, la joie, l’amour, la paix, bref tout ce à quoi un être aspire, il devrait le chercher dans l’instant présent, non le remettre à une date incertaine. Nul ne détient de pouvoir sur le passé ni sur le futur, mais il détient tout pouvoir sur sa réalité immédiate. C’est l’ici et le maintenant qui offre l’assise de tout pouvoir parce que c’est uniquement dans cet espace apparent que l’être incarné peut agir ou intervenir. Du reste, pourquoi se projeter dans le passé, une réalité morte, ou se soucier du futur, qui ne représente qu’une éventualité, une potentialité, une vaine probabilité ?

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