Je ne t’avais pas reconnu…

Je ne t'avais pas reconnu...

Tu es arrivé dans ma vie comme un vent de fraîcheur et de liberté un dimanche matin de printemps. Tu arborais un sourire sincère, le genre de sourire auquel on a envie de faire confiance instantanément. Je me suis assise à côté de toi et c’était symbolique, car déjà sans te connaître j’avais envie de m’ancrer à tes côtés.

Nous deux ça n’avait rien d’un coup de foudre. C’était une rencontre charmante, mais tu n’étais pas ce que je recherchais, ni physiquement, ni spirituellement. J’avais une idée différente de ce que représentait l’amour pour moi. Je le cherchais ailleurs. L’amour ça ne pouvait pas être toi et ça j’en étais si persuadée que je te l’avais dit dès le départ.

Pourtant, plus les jours passaient et moins j’étais capable de te quitter, moins j’avais envie de retrouver ma liberté parce qu’avec toi je me sentais encore plus libre d’être moi. Tu m’amenais à m’aimer avec une puissance et une profondeur encore plus marquée que celle que j’avais expérimentée jusqu’ici…tu m’amenais à m’aimer parce que tu étais fou de moi; toi tu savais, tu ne doutais pas! Pour toi, c’était évident, tu m’avais reconnu alors que moi je ne te voyais même pas.

Durant des mois, tu es resté devant mes regards fuyants et indécis, patiemment tu goûtais chaque jour à mes côtés comme s’il était le dernier sans penser à demain, mais parfois tu pleurais dans mes bras de peur que je te quitte et moi je pleurais de voir que tu m’aimais tant; je pleurais de ne pas pouvoir te rendre cet amour dans l’équilibre et la réciprocité. J’avais ma propre histoire avec tout ce qu’elle comporte de limites et de craintes. J’avais mes attentes et ma vision de l’amour et pour te reconnaître j’ai du te faire confiance suffisamment pour accepter l’idée de tout déconstruire mes appréhensions, mes jugements, mes attentes et même ma vision de l’amour.

Puis, les mois ont passé et j’ai apprivoisé la personne merveilleuse que tu es. Je t’ai encouragé à voyager en toi pour te découvrir, je t’ai encouragé à prendre ta place pour que je puisse davantage te reconnaître et ainsi tomber amoureuse de ce que tu es et pas seulement de ce que tu m’avait offert jusqu’ici. Plus les jours passaient, plus ta beauté se réveillait, plus je te portais dans mon cœur, plus les gestes d’amour inconditionnel que tu me témoignais me confirmaient que tu étais l’homme de ma vie et plus je me rendais enfin compte de ta valeur!

Un matin, les papillons ont apparu dans mon ventre. Pas le premier soir. Pas instantanément. Pas comme dans les films. De tous petits papillons délicats qui venaient à peine de déployer leurs ailes avec l’envie frivole de s’envoler. Ils étaient enfin là, moi qui avait tant prié pour eux, moi qui avait demandé si fort à la vie de ressentir dans mon corps l’élan profond et indubitable de te choisir sans que le doute ne se fasse plus pesant que mes sentiments pour toi.

Mon bel amour, je ne t’ai pas reconnu tout de suite parce que je croyais savoir ce que je n’avais pas encore appris sur moi, sur nous, sur l’amour, sur la Vie.

Mon bel amour, je t’ai reconnu le jour où mes tripes ont commencé à s’ennuyer de toi et que prononcer ton nom s’accompagnait inévitablement d’un sourire de tendresse et d’images réconfortantes. Nous avions d’abord des souvenirs à cumuler, des passés à guérir, une confiance à solidifier, mais surtout nous avions tout cet amour à nous offrir.

L’amour n’est pas toujours vêtu de rouge ou de rose et il ne nous apporte pas toujours des fleurs.

L’amour ne fait pas partie de notre blessure affective, celle qui nous fait souffrir, nous emprisonne, nous empoisonne, nous torture et nous blesse…

L’amour, le vrai, il nous amène à puiser dans le meilleur de nous-mêmes pour guérir du pire. Il nous amène à nous découvrir autrement. Il nous fait voyager là où on aurait jamais cru aller, tout doucement, main dans la main, un pas à la fois, yeux dans les yeux, cœur contre cœur.

L’amour, on ne le reconnait pas toujours quand on est trop occupé à le chercher ailleurs.

Faisons confiance à notre ressenti; à ce bien-être, à cette simplicité et cette chaleur qui nous envahit lorsqu’on se trouve près de la bonne personne. Trouvons quelqu’un qui nous mérite et que nous méritons et soyons un canal d’amour grâce auquel nous pourrons nous émanciper !

Parfois, la tête et le cœur ne parlent pas la même langue et il faut accepter que l’esprit a besoin d’un déclencheur précis pour dénouer un dilemme émotif. À trop vouloir rationaliser tout ce qu’on vit sans prendre le temps d’accueillir ce qui se présente avec un regard neutre, on ferme parfois la porte à ce qui pourrait être l’amour ou l’amitié. Laissons-nous la chance de nous reconnaître lorsque la vie orchestre la croisée de nos chemins. Laissons le temps nous convaincre lorsque nous doutons.

Laissons les événements de la vie parler plus fort que nos doutes et nos idées préconçues.

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