Lettre à la timidité

Lettre à la timidité

A toi, timidité, qui as été à mes côtés à chaque instant, je te dédie ces lignes pour que tu comprennes pourquoi tu es si importante dans ma vie.

Chère et tendre timidité, nous avons marché main dans la main et vécu diverses aventures. Après chaque voyage sur le chemin de la culpabilité, de l’angoisse, de la honte, de la douleur, de l’anxiété et du stress, je veux que tu saches ce que je ressens et ce que je pense de toi.

Nous sommes ensemble depuis plusieurs années, et ce n’est pas que je veuille me séparer complètement de toi ou que les moments que nous vécûmes furent sans importance, mais je dois prendre cette affaire en main.

Après réflexion, j’ai réalisé qu’à chaque fois que je marche avec toi, je peux apprendre quelque chose. Pour cette raison, je t’écris cette lettre, en te communiquant chacune des conclusions auxquelles je suis parvenu.

Timidité, tu fais partie de moi

Je suis souvent venu te voir, attiré par une force externe qui s’emparait de moi, alors même que j’avais besoin de davantage de tranquillité. Plus tard, pas à pas, je compris que tu n’était pas si étrange.

Je pensais que tu apparaissais pour t‘emparer prendre de ma voix, de ma tête, de tout mon corps. Mais aujourd’hui je sais que tu ne viens pas juste comme ça. J’ai compris que tu fais partie de moi. Et, par conséquent, que tu n’es pas omnipotente, que je suis celui qui te donne le pouvoir.

C’est pourquoi, chère timidité, je voulais te parler aujourd’hui. Pour que tu saches que j’ai enfin compris que nous sommes un et que nous pouvons faire la paix pour marcher dans des directions différentes. Qu’il existe quelque chose au-delà de l’angoisse et de la honte. Nous pouvons expérimenter de nouvelles choses!

Donc, comme tu fais partie de moi, j’ai une tâche : je vais me connaître pour identifier ce qui me fait aussi peur. Je pourrais ainsi mieux nous gérer. Tu imagines prendre des décisions plus affirmées, être créatif et ne pas nous enliser dans des sentiments de honte et de culpabilité ?

De plus, je serai plus résilient, pour pouvoir surmonter l’adversité. Nous aurons donc plus d’harmonie. Mais je te préviens chère timidité, ce ne sera pas facile. Il faut y aller étape par étape.

Je sais que tu as un joli visage, timidité

Ne penses pas que tout va mal entre nous, timidité. Au contraire, c’est mieux que jamais, car en pensant à toi j’ai pu réaliser à quel point j’ai eu besoin et à quel point tu as de la valeur.

Ce qui m’amena à te détester fut de me concentrer beaucoup sur le passé ou d’anticiper les événements, et de ne pas profiter du moment présent. Je t’assure timidité qu’en vivant dans l‘ici et maintenant, nous pourrions nous sentir plus libérés.

Être pessimiste ne m’aida pas non plus davantage. Me concentrer sur le négatif ne fit que m’installer un état d’esprit de valence similaire, tout en réduisant la taille des portes de sortie. Même si j’en perçois la valeur maintenant, car j’ai pu acquérir cet apprentissage en naviguant dans les eaux les plus sombres.

Timidité, je sais que tu as un bon visage. Grâce à toi, j’ai développé de nombreuses compétences. Par exemple, je suis un grand observateur et analyste. Voir tout en silence m’aida à connaître les autres. En fait, je connais assez bien leur langage non verbal. Aussi, timidité, par la main de la prudence tu m’aida à survivre.

Par ailleurs, je peux te dire, timidité, que grâce à toi je passe en revue différentes idées, ce qui entraîne ma mémoire et ma réflexion. Je sais que ce n’est pas toujours positif, surtout quand mes pensées deviennent ruminantes, mais le faire de temps en temps et en avoir conscience m’aide à réfléchir… tout en stimulant mes fonctions exécutives.

Aussi, je voudrais te poser une question. Sais-tu que n’importe qui peut ressentir, penser et se comporter comme nous à un moment donné de sa vie ? Il se passe que nous avons tendance à nous étiqueter, en écartant d’autres aspects de notre attention.

Par conséquent, nous pouvons tous traverser des moments de timidité. Par exemple, lorsque nous devenons nerveux face à une personne qui nous plaît. Ou lorsque nous devons parler en public. Il est donc important que nous arrêtions de nous considérer comme quelque chose de négatif. Que nous apprenions à différencier lorsqu’il s’agit d’un problème qui va à l’encontre de notre bien-être.

Beaucoup te confondent avec un sosie, la phobie sociale. Cela peut se produire chez les personnes timides, mais toutes les personnes timides ne développent pas de phobie sociale. Comme le suggèrent Cano Vindel, Pellejero, Ferrer, Iruarriza et Zuazo dans leur article ” Aspects cognitifs, émotionnels, génétiques et différentiels de la timidité “, la différence est importante.

Or, la phobie sociale est un trouble mental que définit le Manuel diagnostique et statistique de la santé mentale. Il s’agit d’un trouble anxieux qui se caractérise par une peur persistante d’une ou plusieurs situations sociales. Elle diffère de toi, timidité, notamment car elle est généralement continue et handicapante.

Timidité, je vais ôter ma cuirasse pour te rendre plus petite

Je sais que tu fais partie de moi. De sorte que je ne peux pas m’échapper complètement. Cependant, je peux retirer les masques que je porte pour te rendre plus petite. Cela nous serait bénéfique : les sensations désagréables diminueraient. Pour en arriver là, je vais commencer à m’explorer. Je vais donc apprendre à me connaître davantage et être capable de prendre des décisions qui génèrent moins de dissonance, de mal-être. Je serai alors plus authentique. Aussi, je vais t’aider comme suit:

  • J’éviterai les jugements. Puisqu’ils te conduisent au pessimisme et renforcent le fait que tu continues à éviter de faire face à des situations.
  • Aller au-delà de toi. Il s’agit d’arrêter d’être l’un sur l’autre et de prêter attention aux autres, même s’il semble que tu le fasses, tu te concentres sur ce que tu imagines que les autres pensent, non sur ce qu’ils te communiquent réellement.
  • Te préparer. Pour te sentir plus en confiance, tu peux préparer ce que tu va dire, comment tu le feras et les ressources dont tu disposes pour cela.
  • De vrais objectifs. Si tu te fixes des objectifs inaccessibles, tu provoquera de la frustration.
  • Attention au langage non verbal. Tu pourras ainsi transmettre le bon message.

N’oublie pas, chère timidité, que même si tu veux passer inaperçue, d’autres ont aussi la capacité d’interpréter ton langage. Si tu es absorbé, loin, et en silence, tu te rendra très visible, même si tu ne le crois pas.

Ainsi, ce sera plus facile si tu affrontes la situation avec les ressources dont tu disposes. Il ne s’agit pas de devenir ce que tu n’es pas. Simplement que tu donnes un peu de toi-même, et que tu identifie les choses qui te favorisent dans tes interactions et que tu les utilises à ton avantage.

Pour finir, je te dis au revoir reconnaissant car tu m’as beaucoup appris. Sans toi, je ne saurais pas qui je suis, je ne serais pas devenu un si bon observateur et ne serais pas sorti de certaines situations avec succès. Croies-le ou non, tu as été ma meilleure ressource à un certain moment.

Simplifions-nous l’existence. Continuons main dans la main, mais soyons plus assertifs lorsqu’il s’agit d’interagir, chargeons moins de croix et travaillons avec plus de sens. Reste avec moi, mais je garde le contrôle.

Source: https://nospensees.fr/lettre-a-la-timidite/

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